Devenir minimalistes

Minimalistes. Voilà, cela fait donc plus de 6 mois que nous sommes engagés dans une démarche minimaliste, dans de nombreux aspects de notre vie.

Mais avant ? Qu’étions-nous ?

Est-ce que devenir minimaliste (ou tenter de l’être) est affaire de tempérament, de décision, de révolution ?
L’aboutissement d’une longue réflexion ? Ou le début ?
Un ras-le-bol de l’abondance ? Un désir de qualité (qualité de vie, qualité des objets, qualité des moments) ?
Un engagement politique ? philosophique ? spirituel ? Un mode de vie radical ? Ou radicalement à la mode ?
Un truc de riches, de nantis ? Ou un effet de la crise économique ?

Un peu tout cela…

Et aussi une libération, un véritable changement . L’expression de valeurs essentielles, profondes et simples. Une voie vers d’autres manières d’aborder la vie, et notamment la vie quotidienne. 

Etre libéré des efforts et de la confusion

Le minimalisme, c’est la simplicité. Le contraire de la complexité. Une petite phrase, trouvée sur Wikipédia me semble bien illustrer ce processus : « La simplicité signifie aussi le fait d’être libéré des efforts et de la confusion, bien qu’arriver à la simplicité depuis la complexité puisse créer ces problèmes ».

C’est exactement cela : être libéré des efforts et de la confusion.
Moins d’objets, c’est :

–           plus d’espace.
–           moins de ménage ou de nettoyage.
–           plus de temps
–           moins de dépenses inconsidérées

Un chemin fait de choix

Mais ce chemin vers une vie plus simple, sobre, minimaliste, n’est pas linéaire. Il est fait de nombreuses réflexions, d’une découverte de soi dans de nombreux aspects (personnel, économique, professionnel, familial, etc.). Il est également fait de choix.

Lorsqu’on est minimaliste, on choisit d’avoir moins, mais mieux.

Prendre le temps de choisir soigneusement l’Objet unique qui va exercer LA fonction que nous lui assignons. Le choix de ne plus être possédé par les objets.
Choisir de se séparer d’un objet ou choisir de ne pas en acquérir un, est un acte quasi-quotidien.

Jeter 

Etre minimaliste, c’est aussi quelquefois une manière de se confronter à ses propres certitudes, ses convictions, ses valeurs. Décider de jeter un objet au lieu de l’utiliser a pu me heurter au début : une forme de gaspillage ?
Alors que la Simplicité volontaire induit la réutilisation, le recyclage, la seconde vie des objets, le minimalisme tel que nous le pratiquons est fait de coupes franches, d’objets jetés (ou donnés) sans état d’âme (ou presque) s’ils sont inutiles ou inutilisés. (Simplicité volontaire et Minimalisme sont deux concepts différents. Ils peuvent être complémentaires ou en opposition, selon la pratique que l’on en fait).

Cette capacité à jeter ou à se débarrasser d’objets inutilisés nécessite une bonne connaissance de soi et de ses pratiques quotidiennes. Une lucidité aussi. C’est un entraînement : on commence petit. Au début, jeter peut même paraître violent, ou égoïste.

Lorsque j’utilise le terme « jeter », c’est plutôt dans le sens : « sortir cet objet de chez moi ». Si l’objet est vieux, abîmé, ou si sa réutilisation par quelqu’un d’autre est une supposition, je jette. Dans la poubelle (ou je recycle, selon la matière qui le compose). Si l’objet est en bon état, utilisable ET utile, je le donne. A des associations comme Emmaüs ou le SPF par exemple. A des amis ou des proches, seulement si l’objet leur est particulièrement destiné (car, nourrissant secrètement le désir de les voir tous « tomber » dans le minimalisme, je ne vais pas surcharger leur intérieur avec mes propres rebuts).

Mais alors, sommes-nous d’horribles gaspilleurs ? Nous jetterions sans vergogne n’importe quoi ?

Dans cette pratique du minimalisme, jeter est à la fois un acte quotidien et un passage.

Avant de vivre dans un endroit sobre et épuré, il nous a fallu trier, choisir, puis jeter des dizaines (des centaines) d’objets. Puis, notre lieu de vie « assaini » et simplifié, il nous faut exercer une vigilance quotidienne quant aux objets qui entrent (ou pourraient entrer) à la maison. Choisir ceux qui ont « le droit » de rester, et ceux qui vont vite ressortir.

Jeter n’est pas un gaspillage. C’est le signe que nous sommes toujours dans l’approfondissement de notre démarche, que nous nous découvrons encore.

Jeter n’est pas gaspiller. Un jour peut-être, minimalistes expérimentés, nous n’aurons plus besoin de jeter : nous disposerons exactement de ce qui nous est utile et nécessaire. Pas plus.  
Nous ne consommerons alors que le minimum.

Gaspiller, c’est plutôt consommer ou acheter des choses qui ne sont pas utilisées.

Gaspiller, c’est acheter une énième paire de chaussures et la laisser dans sa boîte pendant des années sans les chausser, ou si peu.

Gaspiller, c’est « craquer » pour ces jolies babioles décoratives qui ne nous plaisent que le temps d’une saison.

Gaspiller, c’est accumuler sans raison et sans but de nombreux objets.

Gaspiller, c’est aussi avoir trop.

Prendre conscience

Enfin, cette « aventure minimaliste » nous a permis d’avoir réellement une prise sur notre vie, nos possessions, notre temps, nos choix. 

C’est une école de la prise de conscience. Faire ses courses est par exemple un acte très banal. Mais en étant minimaliste, cela peut devenir amusant, ou assez stressant (voire frustrant).

« Ai-je VRAIMENT besoin de cela? » est la phrase que nous nous répétons chaque jour. Nous nous posons donc toujours la question de nos besoins, de nos désirs, de ce que nous voulons, de ce à quoi nous aspirons : qu’est-ce qui est essentiel? Qu’est-ce qui est utile, inutile, nuisible?. Nous recentrons chaque jour nos priorités.

Nous avons la sensation de reprendre en main notre vie.

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12 réflexions au sujet de « Devenir minimalistes »

  1. « Etre libéré des efforts et de la confusion. »

    Jamais encore je n’avais su résumer la philosophie minimaliste avec autant de clarté ! Excellent ! 😀

    Un grand bravo à toute la famille, je vais ENFIN pouvoir, grâce à votre exemple, répondre aux arguments de mes prochess (et moins proche) qui répètent que mon mode de vie ne dépend que de mon célibat. 😉

    Bonne continuation !

  2. Merci de tes encouragements!
    Etonnamment, c’est la vie de famille qui nous a rendus minimalistes.
    La grande difficulté, après bientôt 1 an, c’est de trouver un équilibre.
    Nous, les parents, aspirons au minimalisme.
    Les enfants, eux, n’ont pas notre histoire, et ont une tendance presque naturelle à entasser, accumuler, collectionner.
    Difficile aussi, à 5 ans, de comprendre pourquoi les copains ont 8 casquettes et toi une seule… Tu as beau lui expliquer que les copains n’ont pas 8 têtes, ça ne passe pas toujours.
    Alors quelquefois, on cède…

  3. Je viens de découvrir cet endroit et de lire quelques articles : félicitations !
    Je suis père de famille avec 2 enfants, je m’intéresse depuis un petit moment au mouvement minimaliste. Après avoir bien trié mon armoire, donner beaucoup de vêtements (que je gardais depuis des années pour certains…), donner certains objets, je continue à faire du tri.
    Une vie de famille ne facilite pas cette démarche de « posséder moins » , mais nous tentons de trouver un bon compromis et de limiter le superflu 😉

    • Merci, Emmanuel. Je vois que nous ne sommes pas les seuls à tenter de réduire nos possessions et d’apaiser notre rapport à « l’avoir ». Bon courage, c’est quelquefois très difficile de ne pas retomber dans les anciens réflexes. L’une des difficultés réside dans l’équilibre à trouver pour que les autres membres de la famille ne vivent pas cette sobriété matérielle comme un manque. Moi aussi, « je continue à faire du tri »… Lorsqu’on décide de posséder moins, et de « limiter le superflu », faire le tri devient une activité récurrente, presque un réflexe. A force, et après un peu plus d’un an, j’ai surpris ma fille de bientôt 6 ans, en train de jouer à trier ses affaires. Imaginez son plaisir lorsque j’ai installé dans sa chambre une corbeille à papiers : « Merci, maman, maintenant j’ai une poubelle comme les grands! »… Elle doit penser que c’est ainsi que, les grands s’amusent…

  4. Bravo pour votre blog et particulièrement cet article ! J’ai bien aimé votre réflexion sur le gaspillage ! J’en suis à mes débuts dans une démarche personnelle et familiale en quête d’un nouveau mode de vie basé sur les principes de simplicité volontaire et minimalisme. Votre univers m’inspire, voici le mien : http://oyezzen.wordpress.com/

    Stéphanie

  5.  » ai je vraiment besoin de cela » ?
    La question est aussi à poser pour le besoin qui consiste à désencombrer l’espace.
    Ai je vraiment besoin de désencombrer pour me sentir exister ?
    Je constate autour de moi que tout peut être jeté sauf ce qui encombre le plus nos vies, cet artificiel créateur de lien qu’est  » l’ordinateur ».

    J’ai donc jeté l’ordinateur .
    Tous les objets présents autour de moi ont tout à coup eu un sens, mes livres sont redevenus précieux, l’équipement de ma cuisine nécessaire et utile, ma maison avec son jardin, ses outils.. très importante pour la Vie.

    • Votre commentaire m’a beaucoup fais réfléchir, je ne voyais pas les choses de cette façon, plein de bon sens je trouve… Je poursuis ma réflexion…. Merci 🙂

    • En effet Aurélien… ce n’est pas le fait de désencombrer sans cesse qui fait se sentir exister. Désencombrer est juste un acte que l’on pose pour un changement. Nous avons tous une histoire différente. Pour la part, avant le désencombrement, les objets et les possessions excessives prenaient beaucoup de place. Du temps pour ranger. Du temps pour chercher. De l’espace. De la poussière. Des souvenirs.
      Ce grand débarras m’a permis de remettre les choses à leur place : les objets ne sont que des objets. La vie est ailleurs. Alors oui, j’ai retrouvé du sens, tout comme vous en supprimant l’ordinateur. 🙂

  6. L’idée, le concept, la philosophie appelons la comme nous voulons, me tente, bien que je sache déjà que je n’irai pas vers un minimalisme extrême je pense. Ma première interrogation est: peut on être la seule minimaliste dans un couple avec 2 enfants ?

    • Merci Sophie pour cette question… en fait, mon compagnon a toujours été minimaliste. Il n’a pas eu besoin de prise de conscience (et a été ravi lorsque je m’y suis mise!)…
      Mais en effet, avec des enfants, c’est assez difficile. Si je n’ai presque plus de livres, eux en ont près de 400 (fou non?!) Et aucun ne peut être donné, car ils les lisent tous, et y sont fortement attachés. Je trie régulièrement les vêtements, ça ne pose pas de problème : leur croissance m’aide…. Pour les jouets, je le fais toujours en leur présence : la disparition de l’un de leurs jouets les angoisse. Quelquefois ils refusent. Je laisse alors le jouet dans leur chambre… Ils ont le pouvoir de décision sur leurs propres possessions. D’autant que les jouets sont des objets particuliers : pour eux, ils prennent vie et sont quasiment incarnés.
      En revanche, ils savent que le salon est une zone « sans accumulation ». Et aiment beaucoup lorsque leur chambre est en ordre. Ils ont déjà le plaisir de s’occuper dans un lieu « zen » sans distraction visuelle ou espace encombré. En grandissant, cela ira certainement en s’améliorant… (j’espère!)

  7. Ping : The Minimalist Mom : Comment concilier parentalité et frugalité ? | Femme Maman et Engagée

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